ECG — Interprétation Systématique
Interprétation systématique · Collection personnelle · Urgences
Ma collection d'ECG ↓⚡ Rythme, fréquence & arythmies
Rythme sinusal — critères
- Onde P positive en DI et DII, précède chaque QRS
- Intervalle PP régulier, rapport P/QRS = 1:1
- PR constant entre 120 et 200 ms
Variantes bénignes du rythme sinusal Bénin
Fibrillation atriale (FA) Anticoagulation
- Rythme irrégulièrement irrégulier — pas deux RR identiques
- Absence d'onde P individualisable — ligne de base chaotique (trémulation)
- La fréquence ventriculaire peut être rapide (>100), normale ou lente selon la conduction AV
| Aberration (Ashman) → bénin | ESV → ventriculaire | |
|---|---|---|
| Origine | supraventriculaire — passe encore par une branche | foyer dans le muscle ventriculaire |
| Début du QRS (le critère) | identique aux QRS fins voisins — seule la fin traîne | modifié d'emblée : axe, amplitude et largeur changent dès la 1re déflexion |
| Morphologie | celle d'un vrai bloc de branche (BBD ~80 %) · R dominante en V6 | morphologie quelconque · R souvent rabotée en V6 (QS, QR) |
| Circonstance | après un RR long → RR court (Ashman) ou à l'accélération | précoce, sans lien avec le RR précédent |
| 💊 Conduite | rien — c'est un phénomène fonctionnel, sans signification | rien non plus si isolée sur cœur sain |
Si le rythme ventriculaire devient régulier et lent, c'est un BAV complet : les oreillettes fibrillent toujours (trémulation) mais ne commandent plus les ventricules, qui battent sur un échappement.
Bradycardie à QRS larges réguliers = BAV de haut degré.
Flutter atrial 2:1 = piège
- Ondes F en dents de scie, mieux visibles en DII, DIII, aVF et V1
- Fréquence atriale : 250–350 /min (typiquement ~300 /min)
- Conduction AV le plus souvent 2:1 → fréquence ventriculaire ~150 /min
- Rythme ventriculaire régulier (contrairement à la FA)
| À retenir | Détail |
|---|---|
| ✅ Règle diagnostique | Le flutter se raccorde toujours au même niveau du QRS (rapport F/QRS fixe). Si le raccord varie → ce n'est pas un flutter. |
| 💡 Tachy à ~150 /min inexpliquée | Penser systématiquement au flutter 2:1 — ondes F masquées dans le QRS ou l'onde T. Manœuvre vagale ou adénosine pour ralentir le nœud et les révéler. |
| ⚠️ Adénosine = QRS fins uniquement | Elle bloque le nœud AV → démasque le flutter mais ne le réduit pas (réentrée atriale, pas nodale).
⚠️ Interdite si préexcitation (WPW) : tout l'influx passe alors par le Kent, sans le frein du nœud → accélération massive → FV.
|
| 💡 Mécanisme (dents de scie) | Réentrée dans l'oreillette droite autour de l'anneau tricuspide, en passant par un défilé étroit : l'isthme cavo-tricuspide. Sens antihoraire (~90 %) → ondes F négatives en inférieur (DII, DIII, aVF), positives en V1 ; sens horaire (~10 %) = l'inverse. |
| 💊 Traitement |
1 · En aigu — réduire ou ralentir. Rythme très organisé → cardioversion synchronisée à ~50 J souvent suffisante (vs 120–200 J pour la FA). Sinon ralentir le nœud (β-bloquant, inhibiteur calcique). 2 · Anticoagulation — comme une FA. Mêmes règles (CHA₂DS₂-VASc), même précaution avant cardioversion : le flutter embolise autant que la FA. 3 · À distance — l'ablation, curative. Le circuit passe obligatoirement par l'isthme cavo-tricuspide : une ligne de radiofréquence en travers de l'isthme coupe la boucle définitivement (succès > 90 %). Ce n'est pas un geste d'urgence — il se programme, une fois le patient stabilisé et anticoagulé. |
Tachycardie atriale focale Retour à la ligne isoélectrique
- Foyer auriculaire ectopique unique (automatique) — rare parmi les TSV
- Ondes P′ monomorphes avec retour à la ligne isoélectrique entre chaque P (≠ flutter, qui n'a pas de retour à la ligne)
- Fréquence atriale 100–250/min ; conduction AV variable (1:1, 2:1, 3:2…)
- « Warm-up » : accélération progressive au démarrage
Adénosine (ou manœuvre vagale, β-bloquant, inhibiteur calcique) ralentit le nœud → la tachy auriculaire persiste et les P′ apparaissent.
👉 C'est la base du test à l'adénosine : ici le nœud AV est hors du circuit, le bloquer démasque sans réduire.
Ex : 22 ans → max ~198/min ; une tachy à 210/min élimine la sinusale.
En pratique : adulte au repos, sinusale rarement > 150–160/min sans cause.
Tachycardie atriale multifocale (TAM) Terrain BPCO · intox
- ≥ 3 morphologies de P différentes (foyers auriculaires multiples) — « hyperexcitabilité auriculaire »
- Rythme irrégulier (P-P, PR, R-R variables), souvent en salves d'ESA
- FC > 100/min (souvent 100–130), avec retour à la ligne isoélectrique
- ⚖️ Même image que le wandering pacemaker, mais > 100/min : la comparaison est là-haut
Favorisée par les médicaments qui « excitent le cœur » : β2-mimétiques, théophylline, digitaline (intox).
Peut précéder une FA → à ne pas négliger.
Ralentir par inhibiteurs calciques (vérapamil/diltiazem) ; β-bloquants souvent contre-indiqués (BPCO).
Cardioversion électrique inefficace (foyers multiples, pas de circuit).
Tachycardies jonctionnelles — la démarche TRIN · TRAV
Sur une tachycardie régulière à QRS fins, une P rétrograde (ou une P invisible, fondue dans le QRS) oriente vers une tachycardie jonctionnelle : le nœud AV est dans le circuit. On tranche ensuite TRIN vs TRAV sur l'intervalle RP.
Pourquoi une P rétrograde, et pas une absence de P ? Une onde P = les oreillettes se dépolarisent ; la seule question est : le courant remonte-t-il les activer ?
| Situation | Sens d'activation des oreillettes | Onde P en inférieur (DII, DIII, aVF) |
|---|---|---|
| Rythme sinusal | D'en haut (nœud sinusal) → descend | P positive |
| Réentrée (TRIN / TRAV) | D'en bas : le circuit remonte vers les oreillettes | P rétrograde = négative, souvent collée au QRS |
Ce qui change entre TRIN et TRAV = QUAND la P apparaît — c'est une histoire de taille du circuit :
| TRIN (slow-fast) | TRAV orthodromique | |
|---|---|---|
| Circuit | minuscule (réentrée dans le nœud, sans Kent) | grand (descend par le nœud → remonte par le Kent) |
| Oreillettes vs ventricules | activés quasi en même temps | oreillette activée après le ventricule (le grand tour prend du temps) |
| Position de la P | P cachée dans le QRS — RP < 70 ms | P rétrograde nette après le QRS — RP ≥ 90 ms (RP < PR) |
| Après réduction (ECG sinusal) | jamais de delta (aucun Kent) | delta possible si le Kent conduit en antérograde (WPW manifeste) |
| 💊 En crise | identique pour les deux (QRS fin, nœud dans le circuit) : manœuvres vagales → adénosine IV → si échec, inhibiteur calcique injectable (vérapamil / diltiazem) | |
| 💊 Préventif | ablation de la voie lente nodale | ablation du faisceau de Kent (curatif définitif) |
👉 En aigu, trancher ne change rien — c'est le même traitement. Ça compte pour la suite : ce n'est pas la même cible d'ablation. Et ⚠️ un ECG sinusal sans delta n'élimine pas une TRAV : le Kent peut être « caché » (rétrograde pur).
| Intervalle RP (mesuré en DII / V1) | Diagnostic le plus probable | Mécanisme | Repère ECG |
|---|---|---|---|
| RP < 70 ms | TRIN slow-fast (typique, fréquente) | réentrée intranodale — remontée rapide | P rétrograde cachée à la fin du QRS : petite bosse en V1, petit cran négatif en inférieur |
| RP ≥ 90 ms (RP < PR) | TRAV orthodromique (fréquente) | boucle — remonte par le Kent | P nette peu après le QRS |
| RP long (RP > PR) | TRIN fast-slow (rare) · TRAV de Coumel · tachy. atriale | conduction rétrograde lente | ⚠️ P loin derrière le QRS, proche du suivant — se fait passer pour une P antérograde |
| QRS large | TRAV antidromique (rare) | descend par le Kent | relève de la branche « QRS large » (voir WPW) |
RP = du début du QRS au début de la P rétrograde. Sur un RP court la P est dans / juste après le QRS ; sur un RP long elle glisse vers le QRS suivant (le piège).
📏 RP ≥ 90 ms → pourquoi TRAV ortho et pas TRIN fast-slow ? Le seuil seul ne suffit pas : ce qui tranche, c'est RP comparé à PR.
| TRAV orthodromique | TRIN fast-slow | TRIN slow-fast (pour info) | |
|---|---|---|---|
| Remontée à l'oreillette | par le Kent = rapide | par la voie nodale lente | par la voie nodale rapide |
| RP vs PR | RP ≥ 90 ms mais < PR (RP court) | RP > PR (RP long) | RP < 70 ms (RP très court) |
| Position de la P | juste après le QRS précédent | repoussée loin, collée au QRS suivant | fondue dans le QRS |
👉 RP ≥ 90 ms et RP < PR = TRAV ortho ; RP qui dépasse PR = fast-slow (ou Coumel / atriale).
• < 70 ms : impossible en TRAV (l'influx n'a pas le temps de descendre au ventricule puis de remonter par le Kent) → TRIN.
• ≥ 90 ms : la P a franchement décollé du QRS → TRAV orthodromique typique.
• 70–90 ms : chevauchement — le RP seul ne tranche pas (autres indices : alternance du QRS, sous-décalage ST, cassure par manœuvre vagale).
Une P négative en inférieur (oreillette activée d'en bas) se voit aussi dans le rythme du sinus coronaire, qui est bénin. Même forme d'onde, deux rythmes que tout oppose :
| Sinus coronaire → bénin | Jonctionnelle (TRIN / TRAV) → tachycardie | |
|---|---|---|
| Fréquence (le critère) | lent — ~40–60/min | rapide — > 150/min |
| Nature | échappement : un foyer bas prend la main faute de mieux | réentrée : un circuit s'emballe |
| Position de la P | avant le QRS (PR un peu court), chaque P suivie d'un QRS | dans ou après le QRS — souvent invisible |
| Début / fin | progressif, au gré du tonus vagal | brutaux — « ça part, ça s'arrête » |
| 💊 Conduite | aucune — cœur sain | vagal → adénosine |
👉 On tranche sur la fréquence, jamais sur la forme de la P. Même sur un RP long (où la P « déménage » près du QRS suivant), la question « échappement bénin ou tachycardie ? » est sans ambiguïté ; le doute qui reste (quel type de tachycardie) est à l'intérieur des tachycardies.
| Jonctionnelle (TRIN / TRAV) | Atriale (focale, multifocale, flutter) | |
|---|---|---|
| Où est le moteur | un circuit qui passe par le nœud AV | un foyer dans l'oreillette |
| Le nœud AV est… | DANS le circuit — il en est une pièce | HORS circuit — simple relais en aval |
| Effet de l'adénosine | ça s'arrête : le circuit est cassé → retour en sinusal (diagnostic et traitement) | ça ralentit : les P′ / ondes F apparaissent, la tachycardie continue (diagnostic seul) |
| Terrain | souvent sain · début et fin brusques | fait chercher une cause : BPCO, hypoxie, digitaline, β2, théophylline |
👉 La réponse à l'adénosine est un test diagnostique : ça s'arrête = jonctionnelle ; ça ralentit / démasque = atriale ou flutter. → le tableau complet.
Élargir : « pas de P visible » n'est pas spécifique — on tranche sur fréquence + régularité :
| Ce qu'on voit | Diagnostic |
|---|---|
| Irrégulier + trémulation de la ligne de base (ondes f) | FA |
| Régulier + lent (brady) — P absente, rétrograde ou dissociée | Rythme d'échappement (jonctionnel 40–60 · ventriculaire 20–40) |
| Régulier + rapide (> 150) — P rétrograde fondue dans le QRS | Jonctionnelle (TRIN / TRAV) |
TRIN — Tachycardie par Réentrée IntraNodale (AVNRT) Vagal d'abord
TSV la plus fréquente. Circuit de réentrée dans le nœud AV (double voie nodale — lente et rapide). Forme slow-fast (typique) : conduction antérograde par la voie lente, rétrograde rapide → P rétrograde très près du QRS.
- Tachycardie régulière à QRS fins, FC 150–250/min
- P rétrograde — RP < 70 ms : cachée à la fin du QRS (petite bosse en V1, cran négatif en inférieur)
- Début et fin brutaux (réentrée)
- « Vagal d'abord » : le nœud est dans le circuit → les manœuvres vagales (non invasif) en 1re intention, puis l'adénosine si échec (les deux interrompent le circuit)
• fast-slow (atypique, rare) : descend rapide, remonte lent → P loin après le QRS (RP long).
1Slow-fast / fast-slow dans la TRIN : c'est quoi exactement ?
Le point de départ : le nœud AV n'est pas un tuyau unique. Il contient deux voies aux propriétés différentes — et la réentrée tourne entre les deux.
| Voie | Vitesse de conduction | Période réfractaire |
|---|---|---|
| Voie lente (α) | lente 🐢 | courte — récupère vite |
| Voie rapide (β) | rapide 🐇 | longue — récupère lentement |
C'est ce décalage qui rend la réentrée possible. Sans lui, pas de TRIN.
Le film, en 3 temps
| Temps | Ce qui se passe |
|---|---|
| 1. Rythme sinusal | L'influx descend par les deux voies en même temps. La rapide arrive la première → c'est elle qui commande. L'influx de la lente arrive après, trouve le tissu déjà dépolarisé, s'éteint. → PR normal, rien d'anormal. |
| 2. Le déclencheur (extrasystole atriale) | Une ESA arrive tôt. La rapide est encore réfractaire (réfractaire longue) → bloquée. La lente a déjà récupéré (réfractaire courte) → elle conduit. L'influx ne peut descendre que par la lente. |
| 3. La boucle | La descente lente prend du temps → pendant ce temps la rapide a récupéré. En bas, l'influx remonte par la rapide, retrouve la lente à nouveau prête en haut, redescend par la lente… ça tourne. |
SLOW-FAST
Descend lent → remonte rapide. La remontée est rapide → oreillettes et ventricules dépolarisés quasi en même temps.
RP très court : P fondue dans le QRS ou à sa toute fin → pseudo-r′ en V1, pseudo-S en inférieur.
FAST-SLOW
Descend rapide → remonte lent. La remontée traîne → oreillette dépolarisée bien après le ventricule.
RP long (RP > PR) : la P est repoussée loin derrière son QRS, collée au suivant → elle se fait passer pour une P antérograde. (Variante slow-slow quand deux voies lentes sont impliquées.)
Fast-slow = atypique (10 %) = descend rapide / remonte lent = P visible tardive (RP long).
👉 Et le nom décrit toujours descente-remontée, dans cet ordre.
Une seule question commande tout le tableau : le nœud AV fait-il partie du circuit ? S'il en fait partie, le bloquer casse la réentrée. S'il est en aval, le bloquer ne fait que ralentir la descente — et rend visible ce qui se passait au-dessus.
| 🐢 Le délai | 🚧 Le filtre | |
|---|---|---|
| Ce que c'est | il conduit lentement, exprès — c'est l'essentiel du PR | il conduit d'autant plus lentement qu'on le sollicite vite (conduction décrémentielle), jusqu'à bloquer |
| À quoi ça sert | laisser les oreillettes se vider avant que les ventricules ne se contractent | protéger le ventricule : une FA à 500/min ne donne que 100–160 QRS/min |
| Quand ça joue | toujours, à chaque battement | seulement si quelque chose le bombarde — donc si le foyer est au-dessus de lui : FA, flutter, tachycardie atriale |
Mais il a quand même une période réfractaire, et il bloque ce qui arrive trop tôt — c'est du tout ou rien, jamais un ralentissement progressif. Sa période réfractaire est donc sa seule limite : courte = il laisse passer énormément → FA préexcitée à 250–300/min, repère RR préexcité le plus court < 250 ms.
👉 C'est ça, et rien d'autre, que veut dire « le Kent passe sans frein » : sans le frein du nœud.
Et il se défend quand on l'accélère : sa conduction est décrémentielle — plus on le sollicite vite, plus il met de temps à laisser passer. Le tour s'allonge de lui-même. Poussé au-delà, il bloque — et la boucle se rompt : c'est une des façons dont ces tachycardies s'arrêtent spontanément.
| Le nœud est… | Son rôle | Le bloquer donne |
|---|---|---|
| HORS du circuit (FA, flutter, atriale) | filtre — il retient ce qui le bombarde d'en haut | on filtre davantage → le ventricule ralentit, l'oreillette continue → on démasque |
| DANS le circuit (TRIN, TRAV) | un segment de la boucle — son délai en fixe la durée, donc la fréquence | on retire un maillon → la boucle s'ouvre → la tachycardie s'arrête |
| COURT-CIRCUITÉ ⚡ (FA préexcitée) | le Kent passe à côté du nœud — il ne se ralentit pas, seule sa période réfractaire limite | on ferme la seule voie qui filtrait → tout part dans le Kent → 250–300/min → FV |
| Tachycardie | Nœud AV dans le circuit ? | Effet de l'adénosine |
|---|---|---|
| TRIN (réentrée intra-nodale) | ✅ Oui | Arrête la tachycardie → retour en rythme sinusal (diagnostic et traitement) |
| TRAV orthodromique (QRS fin) | ✅ Oui (voie descendante) | Arrête la tachycardie → retour en rythme sinusal. Traitement de choix. ⚠️ Si WPW manifeste (delta connu) : l'adénosine peut déclencher une FA, qui descendrait alors par le Kent → FA préexcitée. Rare, mais → défibrillateur prêt. |
| TRAV antidromique (QRS large) | ✅ Oui (voie remontante) | À éviter : QRS large indiscernable d'une TV → on la traite comme une TV (cardioversion), pas d'adénosine |
| Tachycardie atriale (focale / multifocale) | ❌ Non | Démasque : ralentit la descente, les P′ apparaissent — la tachy auriculaire persiste |
| Flutter | ❌ Non | Démasque les ondes F — la tachy persiste |
| Tachycardie sinusale | ❌ Non | Démasque les P sinusales, puis la fréquence repart comme avant — c'est la cause qu'il faut traiter |
| FA préexcitée (WPW) | ⚠️ — | CONTRE-INDIQUÉE : bloquer le nœud fait tout passer par le Kent, sans le frein du nœud → FV |
2« Une tachycardie qu'on casse, sans delta après → c'est un Bouveret » ?
👉 En aigu, ça ne change rien (vagal → adénosine → inhibiteur calcique). Ça change tout pour la suite : l'ablation vise la voie lente nodale (TRIN) ou le faisceau de Kent (TRAV).
Erreur n° 1 — « on ralentit » ≠ « on casse »
Le nœud AV était dans le circuit → réentrée jonctionnelle : TRIN ou TRAV orthodromique.
Le nœud AV était hors circuit → flutter ou tachycardie atriale. Ni Bouveret, ni TRAV. → chercher une cause.
Erreur n° 2 — « pas de delta » n'élimine pas la voie accessoire
Pourquoi ce Kent-là est invisible — il ne conduit que de bas en haut (rétrograde pur). Trois conséquences en cascade :
| Parce que le Kent ne descend jamais… | … il ne peut pas |
|---|---|
| rien ne descend par lui en rythme sinusal | → aucune partie du ventricule n'est préexcitée → pas d'onde delta, PR normal, QRS fin : l'ECG de repos est strictement normal |
| rien ne descend par lui en tachycardie | → pas de TRAV antidromique possible : l'antidromique descend par le Kent, par définition |
| rien ne descend par lui en FA | → pas de FA préexcitée, donc pas de risque de mort subite. C'est la voie accessoire bénigne |
Il reste malgré tout capable de remonter : c'est ce qui fait tourner la TRAV orthodromique (descend par le nœud → QRS fin → remonte par le Kent). Le faisceau existe, il ne se manifeste que pendant la crise, et de façon indiscernable d'une TRIN.
⚠️ Le vrai piège n'est pas là : c'est la voie masquée — elle conduit bien en antérograde, mais la voie nodo-hissienne conduit plus vite qu'elle, donc la part préexcitée est infime et le delta invisible au repos (typiquement un Kent latéral gauche, loin du nœud sinusal). Elle peut se démasquer à la stimulation atriale, sous adénosine, ou le jour où la conduction nodale se ralentit. Ce n'est pas un faisceau qui a changé : c'est un faisceau qu'on ne voyait pas.
👉 Caché = ne descend pas (bénin, invisible pour toujours) · masqué = descend, mais ne se voit pas au repos (⚡ risque de FA préexcitée bien réel).
Résultat : une TRAV orthodromique sur Kent caché coche exactement les mêmes cases qu'une TRIN :
| Ce qu'on observe | TRIN (AVNRT) | TRAV ortho sur Kent caché |
|---|---|---|
| Tachycardie régulière à QRS fins | ✅ | ✅ |
| Cassée par vagal / adénosine | ✅ | ✅ |
| ECG de repos sans delta | ✅ (aucun Kent) | ✅ (Kent rétrograde pur) |
| Voie accessoire présente ? | Non | Oui — juste invisible |
| Ce qui peut aider | RP < 70 ms → TRIN · RP ≥ 90 ms (RP < PR) → TRAV ortho · alternance du QRS et sous-décalage ST → plutôt TRAV (voir la démarche) | |
Le diagnostic mécanistique définitif ne se fait pas sur l'ECG de surface : c'est l'exploration électrophysiologique.
| Sans delta au repos, ça peut être… | Ce qui l'a trahi |
|---|---|
| TRIN (le « Bouveret » au sens strict) | il n'y a aucun Kent — RP < 70 ms |
| TRAV ortho sur Kent caché | le Kent est là, rétrograde pur — RP ≥ 90 ms, alternance du QRS |
| TRAV ortho sur Kent masqué ⚡ | le Kent descend, mais le delta est trop discret au repos — c'est celui qui expose à la FA préexcitée |
| Préexcitation intermittente | le delta était là sur un autre tracé — refaire l'ECG |
| Tachycardie atriale ou flutter | ce n'était pas une réentrée jonctionnelle — l'adénosine n'aurait fait que démasquer |
3Si l'adénosine bloque le nœud AV, est-ce que le cœur s'arrête ?
| Structure | Rôle | Touchée par l'adénosine ? |
|---|---|---|
| Nœud sinusal (haut de l'OD) | 🎼 le chef d'orchestre — il génère le rythme (~60–100/min) | Non — il continue |
| Nœud AV (jonction O/V) | 🚧 le péage — il transmet l'impulsion vers le bas, il ne la crée pas | Oui — bloqué quelques secondes |
• Le cœur n'a pas besoin du nœud AV pour battre → il a besoin du nœud sinusal, intact → il repart.
👉 Toute l'astuce : un blocage ciblé et transitoire du relais — assez long pour casser le circuit, assez court pour que le pacemaker reprenne la main.
Une fois la boucle interrompue, le nœud sinusal — qui n'a jamais cessé de battre — reprend simplement la main, et la conduction redevient normale. Il faudra une nouvelle extrasystole bien placée pour relancer la crise : ça arrive, mais pas dans la seconde.
L'adénosine ferme le péage, pas la centrale. (Schéma pédagogique : pendant la tachycardie le nœud sinusal est masqué/réinitialisé par la réentrée — mais il n'est à aucun moment bloqué par l'adénosine.)
Les deux filets de sécurité
- C'est ultra-bref — demi-vie < 10 s : le nœud AV se débloque de lui-même, la conduction reprend.
- Les échappements — si la pause se prolonge, les étages du dessous (jonction 40–60/min, ventricule 20–40/min) ont leur automatisme de secours.
À ne pas faire : adénosine sur un QRS large irrégulier (FA préexcitée) → interdit ; prudence si asthme sévère, BAV de haut degré sans pacemaker.
WPW & préexcitation FA préexcitée = mort subite
Le faisceau accessoire (Kent) court-circuite le nœud AV. La question clé : voit-on une onde delta ? L'onde delta est la signature d'une fusion — il faut que l'influx descende par le Kent ET par le nœud en même temps.
Le syndrome = la voie accessoire + des tachycardies. Sans tachycardie, il n'y a qu'un signe ECG.
| Le terme | Ce qu'il désigne exactement |
|---|---|
| Préexcitation ventriculaire | le signe ECG : une partie du ventricule est dépolarisée en avance par la voie accessoire → PR < 120 ms + onde delta + QRS ≥ 120 ms (> 90 ms chez l'enfant) |
| Syndrome de WPW | « l'existence congénitale d'une voie de conduction anormale entre une oreillette et un ventricule responsable de la survenue de tachycardies ou tachyarythmies paroxystiques » |
Prévalence : préexcitation 1–3 ‰ de la population · syndrome de WPW 0,4 ‰.
Et quand la voie ne se voit pas sur l'ECG — deux situations à ne pas confondre, deux mots différents :
| Voie accessoire… | Pourquoi pas de delta | Elle descend ? | Risque en FA |
|---|---|---|---|
| patente | — (le delta est visible) | ✅ oui | ⚡ oui |
| masquée | « la voie nodo-hissienne conduit plus rapidement que le faisceau accessoire » → la part préexcitée est infime | ✅ oui — elle est juste devancée | ⚡ oui |
| cachée (concealed) | « elle n'est perméable que dans le sens rétrograde » (du ventricule à l'oreillette) | ❌ non | ✔️ non |
Définitions et chiffres : e-cardiogram — Syndrome de Wolff-Parkinson-White (Taboulet).
👉 Donc jamais pendant une tachycardie régulière (TRAV / TRIN) : voir ci-dessous.
Le delta est un signe du rythme sinusal — il disparaît dès que la tachycardie démarre.
Pourquoi : le delta est une fusion — il faut que l'influx descende par le nœud ET par le Kent en même temps. En tachycardie par réentrée, le circuit utilise les deux voies mais chacune dans un seul sens : une seule descend. Pas de descente simultanée → pas de fusion → pas de delta.
| Ce que je regarde | Qui descend au ventricule | Aspect du QRS | Onde delta ? |
|---|---|---|---|
| Rythme sinusal (ECG de repos) | nœud + Kent (fusion) | delta + PR court + QRS élargi | ✅ OUI — le seul tracé qui fait le diagnostic |
| TRAV orthodromique (la tachycardie du WPW, la + fréquente) | nœud seul | fin, régulier, 120–250/min | ❌ NON — le Kent ne fait que remonter |
| TRIN | nœud seul (pas de Kent) | fin, régulier | ❌ NON — pas de Kent du tout |
| TRAV antidromique (rare) | Kent seul | large, régulier | ❌ pas de delta distinct — plus de fusion : tout le QRS est préexcité |
| FA préexcitée ⚡ | les deux, mais la part de chacun change à chaque battement | irrégulier, larges + fins « en accordéon », très rapide — jusqu'à 250–300/min | ⚠️ préexcitation visible, mais ce n'est pas un « delta » propre — c'est l'irrégularité qui doit alerter |
⚡ Pourquoi la FA préexcitée est si rapide ET si large : le Kent ne se ralentit pas quand on l'accélère — le nœud AV, si. Seule la période réfractaire du Kent le limite, et si elle est courte il déverse la FA sur le ventricule à 250–300/min. Et plus la part du ventricule dépolarisée par le Kent est grande, plus le QRS est large — cette part change d'un battement à l'autre, d'où l'accordéon.
1️⃣ Toujours refaire un ECG 12 dérivations après réduction (adénosine, manœuvres, choc) : c'est là — et nulle part ailleurs — que le delta peut apparaître.
2️⃣ Et l'inverse est vrai aussi : un tracé de repos sans delta n'exclut pas une voie accessoire — elle peut être cachée (rétrograde pure), intermittente ou très discrète. Voir aussi « Sans delta = Bouveret ? ».
• Antérograde = descend (sens normal), vers le ventricule (comme l'eau qui descend la rivière).
• Rétrograde = remonte (sens inverse), vers l'oreillette (remonter le courant).
C'est un vocabulaire de sens de circulation, rien de plus — il décrit ce qu'une voie sait faire. ⚠️ Ne pas le confondre avec « ortho / antidromique », qui décrit le sens de la boucle pendant la crise : c'est l'objet de la question ❼.
🔗 Même idée que la P rétrograde des jonctionnelles : l'oreillette est activée d'en bas (le courant remonte).
4Peut-on avoir un WPW sans onde delta ?
Pourquoi : l'onde delta est la signature d'une fusion — il faut que l'influx descende en même temps par le nœud et par le Kent (voir WPW & préexcitation). Pas de descente par le Kent, pas de fusion, pas de delta. Le faisceau existe pourtant : il fera tourner des TRAV orthodromiques.
Descend et remonte. C'est le WPW « classique ».
Ne fait que descendre. Pas de boucle ortho (elle exige une remontée par le Kent) — mais la boucle antidromique, elle, reste possible : elle descend par le Kent et remonte par le nœud.
= Kent « caché »
Ne fait que remonter. ECG de repos strictement normal — et pourtant le faisceau est là.
• Voie masquée : « la voie nodo-hissienne conduit plus rapidement que le faisceau accessoire » — la part préexcitée est infime → delta très discret, voire invisible. Typiquement un Kent latéral gauche, loin du nœud sinusal. ⚡ Dans ces deux cas la voie descend — le risque de FA préexcitée est bien réel, contrairement à la voie cachée. → les trois mots.
5Un faisceau accessoire peut-il conduire dans les deux sens ?
| Profil du Kent | Delta au repos ? | Quelle TRAV est possible ? | Risque en FA |
|---|---|---|---|
| Bidirectionnel (le plus fréquent) | ✅ oui | ✅ ortho (la règle) · ✅ antidromique (rare) | ⚡ oui |
| Antérograde seul (rare) | ✅ oui | ❌ pas d'ortho (rien ne remonte par le Kent) · ✅ antidromique (descend Kent, remonte nœud) | ⚡ oui |
| Rétrograde seul — caché | ❌ non | ✅ ortho · ❌ pas d'antidromique (rien ne descend par le Kent) | ✔️ non |
Un Kent à sens unique fournit exactement ça : lui dans son sens, le nœud dans l'autre. La boucle se referme.
Kent qui ne fait que REMONTER (rétrograde pur, « caché »)
👉 C'est la TRAV orthodromique, QRS fins. La plus fréquente de toutes.
Kent qui ne fait que DESCENDRE (antérograde pur)
👉 C'est la TRAV antidromique, QRS larges. Rare, mais parfaitement possible. Le nœud AV sait remonter : ce n'est pas une valve à sens unique.
Aucun profil de Kent n'interdit toute tachycardie. Ce qui change d'un profil à l'autre, ce n'est pas « tachycardie ou pas », c'est laquelle — et surtout le risque en FA, qui ne dépend que de la descente.
⚠️ Le piège est ailleurs : la voie masquée conduit bien en antérograde, mais la voie nodo-hissienne conduit plus vite qu'elle — la part préexcitée est infime et le delta invisible au repos (typiquement un Kent latéral gauche). Elle peut se démasquer sous adénosine ou à la stimulation atriale. Ce n'est pas un faisceau qui a changé de nature, c'est un faisceau qu'on ne voyait pas — et lui expose bel et bien à la FA préexcitée.
À l'inverse, une voie purement rétrograde ne peut rien déverser sur le ventricule → pas ce risque-là. Elle reste capable de faire des TRAV orthodromiques (gênantes, mais bénignes).
🔗 Les schémas des 3 profils sont dans la question 4.
6Pourquoi le PR est-il court dans le WPW ?
Onde delta = COMMENT il démarre (lentement, par le muscle)
Le ventricule est atteint avant que le nœud AV n'ait fini son délai.
Le début du QRS se fait par le muscle ventriculaire ordinaire (hors His-Purkinje) → lent.
Le delta s'ajoute au QRS : il commence plus tôt et finit pareil → il dure plus longtemps.
Les trois découlent d'une seule cause : une partie du ventricule est dépolarisée en avance (pré-excitée) par la voie accessoire, avant que le nœud AV n'ait fini son délai normal. La préexcitation « mange » la fin du PR — ce qui est perdu par le PR est gagné par le QRS.
7« Antérograde / rétrograde » et « ortho / antidromique » : quel rapport ?
Antérograde (il descend) → le ventricule est préexcité → onde delta.
Rétrograde seule (il ne fait que remonter) → rien à préexciter → pas de delta.
Orthodromique : descend par le nœud, remonte par le Kent → QRS fins.
Antidromique : descend par le Kent, remonte par le nœud → QRS larges préexcités.
🔁 Les 3 tachycardies du WPW
Les voici toutes les trois avant le détail. Tout s'en déduit d'une seule ligne : par où l'influx descend au ventricule.
| Type | Descend ↓ | Remonte ↑ | QRS | Rythme · fréquence | 💊 En crise |
|---|---|---|---|---|---|
| TRAV orthodromique 95 % des cas · bénigne |
nœud AV → His (bon sens) | Kent | fin (His-Purkinje emprunté normalement) | régulier · 120–250/min | vagal → adénosine → inhibiteur calcique |
| TRAV antidromique ~5 % des cas |
Kent | nœud AV | large (His-Purkinje court-circuité) | régulier · rapide | on la traite comme une TV : cardioversion (ou amiodarone). Pas d'adénosine, pas d'inhibiteur calcique. |
| FA préexcitée ⚡ le danger |
Kent (+ nœud, en concurrence) | pas de boucle | large, variable (« accordéon ») | irrégulier · 250–300/min | choc électrique. ABCD interdits |
TRAV = tachycardie par réentrée atrio-ventriculaire (boucle via le Kent) — ≠ TRIN (réentrée dans le nœud, sans Kent). Ortho / antidromique désignent le sens dans le nœud : ortho = le nœud dans le bon sens.
TRAV orthodromique Bénigne · fréquente
Tachycardie régulière, QRS fin, 120–250/min, P rétrograde après le QRS (RP ≥ 90 ms). L'influx descend par le nœud → His et remonte par le Kent.
• dès l'enfance, en général avant 30 ans · prédominance masculine ;
• palpitations régulières rapides (120–250/min), à début et fin brusques (comme la TRIN / maladie de Bouveret) ;
• terrain souvent sain, tachycardie bénigne — le vrai danger n'est pas l'ortho mais la FA préexcitée.
👉 Comment la distinguer d'une TRIN : le tableau est plus haut, avec la démarche RP.
TRAV antidromique Présumer une TV
Rare. L'influx descend par le Kent → ventricule préexcité → QRS large, régulier, rapide. À l'écran, c'est une tachycardie régulière à QRS large → on la présume TV jusqu'à preuve du contraire.
| TRAV antidromique (rare) | FA préexcitée ⚡ | |
|---|---|---|
| Ce qui tourne | une boucle — 1 influx par tour | aucune boucle — l'oreillette fibrille à 400–600/min et bombarde |
| Le nœud AV | DANS le circuit (branche remontante) | court-circuité — il filtre toujours, mais le Kent passe à côté de lui |
| Ce qui limite la fréquence | le nœud — il ralentit d'autant plus qu'on l'accélère | rien d'autre que la période réfractaire du Kent |
| Résultat | régulier, fréquence de tachycardie | irrégulier, « accordéon », très rapide — jusqu'à 250–300/min |
| Le danger | l'erreur de traitement : indiscernable d'une TV → si on donne adénosine ou inhibiteur calcique, on ouvre la porte à la FA préexcitée | la FV — directement |
👉 C'est pour ça qu'on ne se contente jamais de réduire la crise : on cherche ensuite la période réfractaire antérograde de la voie, et on adresse pour ablation.
FA préexcitée = le piège mortel de la tachycardie à QRS large. Ne jamais dire « TV » sans l'avoir éliminée : bloquer le nœud AV ici tue.
| Comment un WPW se révèle | Ce qu'on voit | Gravité |
|---|---|---|
| Rien du tout (le plus banal) | une onde delta découverte sur un ECG fait pour autre chose | asymptomatique |
| Des palpitations (le motif habituel) | TRAV orthodromique — régulière, QRS fins, début et fin brusques | bénigne — gênante, pas mortelle |
| Une FA ⚡ (l'accident) | FA préexcitée — irrégulière, large, « accordéon » | c'est celle-là qui tue |
👉 C'est pourquoi on ne stratifie jamais sur « en a-t-il déjà fait », mais sur la capacité de la voie à descendre (période réfractaire antérograde, repère ECG RR préexcité le plus court < 250 ms). Le seul profil hors d'atteinte est le Kent rétrograde pur : une FA peut bien survenir, elle ne trouvera pas le chemin.
| FA préexcitée | L'essentiel |
|---|---|
| 👁️ Reconnaître | Irrégulier + QRS large + « en accordéon » (largeur qui change d'un battement à l'autre) + très rapide (250–300/min). ≠ TV monomorphe, régulière et de morphologie constante → devant un large + rapide + irrégulier, penser FA préexcitée avant TV (« toute tachyarythmie complète est une FA »). |
| ⚙️ Mécanisme | La FA descend par le Kent, sans le frein du nœud (1:1). QRS large préexcité = Kent antérograde (un Kent rétrograde ne ferait que du fin). |
| ⚠️ Danger | RR préexcité le plus court < 250 ms = risque de FV / mort subite. |
| 💊 Traitement | Choc électrique externe (cardioversion synchronisée) = traitement de choix — d'emblée si instable, souvent préféré même stable. Si stable : procaïnamide ou ibutilide (bloque le Kent). ⚠️ Procaïnamide non dispo en Suisse ni en France. |
| 🚫 Interdits | Tous les freinateurs du nœud AV = ABCD (Adénosine, Bêtabloquants, Calcium-bloqueurs, Digoxine) + amiodarone IV → poussent l'influx dans le Kent → FV. |
Exception à « irrégulier = FA » : la TV polymorphe (torsades de pointes) est elle aussi irrégulière.
TV ou TSV à QRS large ? Présumer TV
Tachycardie à QRS large (≥ 120 ms, FC > 100) = soit une TV (l'influx naît du ventricule), soit une TSV à QRS large (supraventriculaire + bloc de branche pré-existant ou fréquence-dépendant = aberration, ou WPW).
| Traitement | Si traitée à tort | |
|---|---|---|
| TV | instable : choc synchronisé · stable : amiodarone (jamais vérapamil) | comme TSV (vérapamil, β-bloquant) → collapsus, FV, arrêt ⚠️ |
| TSV large (BdB/aberration) | vagal, adénosine, puis ralentisseurs du nœud | comme TV (amiodarone, choc) → en général sans gravité |
Une ectopie / TV naît du ventricule → tout le début change (axe, amplitude, largeur).
⚠️ Seule exception = FA préexcitée (WPW) : la seule TSV « killer ». Ne PAS donner de ralentisseurs du nœud (adénosine, β-bloquant, inhibiteur calcique, digoxine) → sinon tout passe par le Kent → 250–300/min, sans le frein du nœud → FV.
| Entité | Interdits | Pourquoi interdit | Traitement adapté |
|---|---|---|---|
| FA préexcitée | Adénosine · Bêta-bloquants · Calcium-bloqueurs (vérapamil/diltiazem) · Digoxine (tous les ralentisseurs du nœud) | bloquer le nœud pousse l'influx dans le Kent → accélération → FV | Instable : choc électrique synchronisé. Stable : antiarythmique qui bloque le Kent (procaïnamide, ibutilide) |
| TV | surtout vérapamil (C) + β-bloquant (B) | collapsus hémodynamique (inotrope négatif + vasodilatation) → FV | Instable : choc synchronisé. Stable : amiodarone. Adénosine (A) relativement sûre — possible comme test si régulier / monomorphe. ⚠️ jamais si irrégulier (FA préexcitée) : elle bloque le nœud → tout passe par le Kent → FV. |
| Flutter + bloc de branche (BdB) | rien de spécial — c'est une TSV | le nœud freine sans danger (pas de Kent, pas de collapsus) | manœuvres vagales / adénosine (démasquer les ondes F), ralentisseurs du nœud, cardioversion (~50 J) |
Extrasystoles ventriculaires (ESV) Bénigne si cœur sain
→ QRS large, début lent (déflexion initiale ≥ 70 ms), pas d'onde P sinusale devant, suivi d'un repos compensateur.
| QRS en V1 | On appelle ça | Le ventricule en retard | Donc l'ESV part du… |
|---|---|---|---|
| positif ⬆️ (R dominante) | retard droit (aspect BBD) | ventricule droit | ventricule gauche |
| négatif ⬇️ (QS, rS) | retard gauche (aspect BBG) | ventricule gauche | ventricule droit |
Pas de R dominante en V6 ⇒ ce n'est pas un simple bloc → origine ventriculaire (ESV/TV) ou battement stimulé.
👉 Donc R absente ou rabotée en V6 (QS, QR) = le VG n'est pas activé par les branches → activation cellule-à-cellule depuis un foyer = origine ventriculaire (ESV/TV), ou battement stimulé (tous court-circuitent le His-Purkinje).
⚠️ Seule fausse piste : une vieille séquelle d'infarctus latérale peut aussi raboter la R en V6 sur un battement pourtant conduit.
👉 Inversement, une ESV du VD envoie son front vers V6 → elle y garde une R. C'est pour ça que le critère est spécifique mais pas sensible : une R présente en V6 n'élimine pas une TV.
Aberration ou ESV ? — la comparaison
Même trajet, même dessin qu'un vrai bloc — mais la branche n'est pas malade : elle est seulement encore réfractaire au moment où l'influx se présente.
Un QRS large sur le tracé, ce sont donc trois possibilités, pas deux :
| Bloc de branche (vrai, fixe) | Aberration (bloc fonctionnel) | ESV / TV | |
|---|---|---|---|
| D'où part l'influx | d'en haut — c'est un battement supraventriculaire | d'un foyer dans le muscle ventriculaire | |
| Par où il passe | par une branche du His-Purkinje — l'autre ne conduit pas | de proche en proche, hors His-Purkinje | |
| Pourquoi la branche ne conduit pas | elle est malade (fibrose, ischémie…) | elle est encore réfractaire — l'influx est arrivé trop tôt pour elle | sans objet |
| Ça dure | tout le temps — sur tous les battements | le temps que ça dure : 1 battement (Ashman), une salve, ou toute une tachycardie rapide | le temps de l'extrasystole ou de la TV |
| Aspect du QRS | identiques — un BBD ou un BBG typique, R dominante en V6 | morphologie quelconque, souvent pas celle d'un bloc | |
| Gravité | c'est un battement normal, mal habillé | origine ventriculaire — c'est ce qu'il faut repérer | |
D'où le critère unique — tout se joue au DÉBUT du QRS, comparé à celui des QRS fins voisins :
• Bloc ou aberration — l'influx passe encore par une branche → début identique, seule la fin traîne → rassurant.• ESV / TV — l'influx part du muscle → le début change d'emblée (axe, amplitude, largeur), montée lente et empâtée → ventriculaire.
👉 Le début du QRS ne distingue donc pas le bloc de l'aberration — et c'est normal : c'est la même chose. Il sépare ce qui vient d'en haut de ce qui vient d'en bas.
| Aberration (TSV) → bénin | ESV / TV → ventriculaire | |
|---|---|---|
| Tachycardie régulière à QRS large (enjeu vital) | = TSV aberrante | = TV |
| 💊 En aigu | manœuvres vagales → adénosine IV → si échec, inhibiteur calcique injectable (vérapamil / diltiazem) ou β-bloquant | amiodarone / cardioversion |
| ⚠️ Le piège mortel | Bloqueur du nœud (inhibiteur calcique) donné à une TV prise pour une TSV = collapsus / dégénérescence. → règle : QRS large régulier = on présume TV. TV ou TSV ? | |
| Battement large isolé (sur FA) | Ashman — fonctionnel, aucune signification | ESV — bénin sur cœur sain, mais à surveiller |
| 💊 Conduite | aucun traitement | bilan (holter, écho) si nombreuses / polymorphes / salves / symptomatiques ; parfois bêtabloquant / ablation |
| Aberration (TSV + bloc de branche) → rassurant | ESV / TV → ventriculaire | |
|---|---|---|
| Origine | supraventriculaire ; passe par une branche du His-Purkinje | foyer dans le muscle ventriculaire |
| Début du QRS | identique aux QRS fins voisins (R initiale préservée) | modifié d'emblée — axe, amplitude et largeur changent dès le départ |
| Ce qui traîne | seulement la fin du QRS (le S retardé) | tout le QRS, dès la première déflexion |
| TIR (début QRS → sommet R, en V6/DI) | < 50 ms — la R « colle au front » | ≥ 50 ms — montée empâtée, sommet retardé |
| R en V6 | dominante (R > S) — VG activé par la branche | rabotée / absente (QS, QR), ou concordance |
| Où lire le critère | V1 nomme le retard (droit si V1 +, gauche si V1 −) mais ne tranche pas : cette fin tardive, un vrai bloc de branche la fait aussi. On lit la montée du ventricule d'origine, à l'opposé du retard : retard droit → V6 / DI ; retard gauche → V1 / V2. Montée rapide (TIR < 50 ms) = aberration · lente / empâtée (≥ 50 ms, ou Q/QS) = ESV. → détail par dérivation plus bas. | |
① Preuve reine — la dissociation AV, et les deux battements qui la trahissent :
| Ce qu'on voit | Ce que c'est | Ce que ça prouve |
|---|---|---|
| Ondes P qui défilent | des P à leur propre rythme, sans rapport fixe avec les QRS — parfois dans un QRS, parfois dans un T | les oreillettes ne commandent pas les ventricules → la tachycardie naît en dessous |
| Capture (battement de Dressler) | une impulsion sinusale descend entièrement par les voies normales et « capture » les ventricules pour un battement : un QRS fin, qui arrive en avance sur le rythme de la tachycardie | il existe une 2e commande, indépendante, au-dessus → dissociation |
| Fusion | la même chose, mais à moitié : l'impulsion sinusale et le foyer ventriculaire dépolarisent le ventricule en même temps, chacun sa part → un QRS hybride, entre le fin et le large | idem — et c'est la preuve la plus imagée : on voit les deux commandes se partager un battement |
| Il prouve… | Pourquoi |
|---|---|
| ✅ qu'il n'y a pas de bloc de branche fixe | avec un vrai bloc, tous les QRS seraient larges — un QRS fin serait impossible. La conduction sait donc encore faire un complexe fin à cette fréquence. |
| ❌ il n'élimine pas une aberration | l'aberration est fonctionnelle, fréquence-dépendante : il suffit que le cycle s'allonge un peu pour que la branche récupère et qu'un battement redevienne fin. Ce n'est pas une capture, c'est une aberration qui se lève. |
| Capture (TV) | Aberration qui se lève (TSV) | |
|---|---|---|
| Le QRS fin arrive… | en avance — il devance le rythme de la tachycardie | après un cycle plus long — la branche a eu le temps de récupérer |
| Les oreillettes | dissociées — elles ont leur propre rythme | aux commandes — chaque QRS descend d'elles |
| Ce que ça dit | deux commandes concurrentes → TV | une seule commande, d'en haut → TSV |
| Signe | Où | En TV | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Pava + | DII | TIR (temps d'inscription de la R : début QRS → sommet R) ≥ 50 ms | DII regarde l'apex : par les branches, le sommet de R serait précoce ; son retard = départ lent, voie musculaire (pas His-Purkinje) → ventriculaire |
| Vereckei + | aVR | grande R initiale (r/q > 40 ms, descente crochetée) | le front remonte vers aVR = part d'en bas (ventricule) |
| R rabotée | V6 | QS / QR (R non dominante) | V6 regarde la paroi latérale du VG ; un vrai bloc garde toujours une R dominante → R qui disparaît = VG pas activé par les branches. ⚠️ spécifique, pas sensible : R présente n'exclut pas une TV (ex : TV du VD) |
| Concordance | V1–V6 | tous les QRS du même sens | foyer ventriculaire unique (pas de transition normale). Le vecteur va avant↔arrière (apex/base), aucune précordiale n'est perpendiculaire → pas de nul ; concordance − = foyer apical, + = basal/postérieur. |
| Double retard | V1 + DI | retard droit ET gauche ensemble | un vrai bloc = l'un OU l'autre, jamais les deux (bloquer les 2 branches = BAV complet, plus de conduction) |
Retard droit (QRS + en V1, origine VG) — ESV/TV vs vrai BBD
| Où (dans l'ordre) | Vrai BBD / aberration → rassurant | ESV / TV |
|---|---|---|
| 1. V1 — flairer | rSR′ typique (R < R′) | R monophasique, qR, R > R′ (oreilles inversées), pente crochetée |
| 2. V6 / DI — on tranche | R fine, colle au front, TIR < 50 ms, R > S | R rabotée / absente (QR, QS), empâtée, sommet retardé, ou concordance |
| 3. DII — Pava | TIR < 50 ms | TIR ≥ 50 ms, ou QS profonde (apex non activé par la branche) |
| 4. aVR — Vereckei | q initiale (trajet base → apex) | R initiale positive (remonte de la pointe) → TV |
| 5. Doute | → preuves ventriculaires : dissociation AV · capture · fusion → Confirmer une TV | |
• Concordance V1–V6 (QRS de même sens dans les 6 précordiales) ;
• V1 QS et surtout V6 QS — pas d'onde R en V6 = le VG n'est pas conduit par les branches ;
• R > 40 ms + Vereckei + (R initiale positive empâtée en aVR) ;
• TIR ≥ 50 ms = Pava + (sommet de R trop retardé en DII).
Aucun n'est obligatoire isolément — mais réunis, « il n'y a pas photo ».
🔑 Signature à reconnaître = retard gauche + axe droit :
• retard gauche (V1 négatif) → origine ventricule droit ;
• axe droit / inférieur (grandes R en DII–DIII–aVF) → la chambre de chasse est en haut, le front part vers le bas.
Ici, TV confirmée : Pava + (TIR ≥ 50 ms), Vereckei + (Q > 40 ms) et surtout de nombreuses fusions + dissociation AV.
Retard gauche (QRS − en V1, origine VD) — ESV/TV vs vrai BBG
| Où | Vrai BBG / aberration → rassurant | ESV / TV |
|---|---|---|
| V1–V2 — le début (direct) | début rapide, descente nette de S | R ≥ 40 ms, nadir de S ≥ 70 ms, descente crochetée (voire R monophasique > 100 ms) |
| V6 | R monophasique d'aspect normal (sans q) | R monophasique LARGE / empâtée, sommet retardé, ou onde Q (QR/QS). ⚠️ la R monophasique seule ne tranche pas (existe aussi en BBG) |
| RR′ (largeur) | — | ≥ 130 ms |
| Doute | → preuves ventriculaires : dissociation AV · capture · fusion → Confirmer une TV | |
| Entité | Siège du bloc | QRS | Effet / signe |
|---|---|---|---|
| Hémibloc (HBAG / HBPG) | 1 seul fascicule (l'autre conduit) | fin < 120 ms | change surtout l'AXE : gauche = HBAG, droit = HBPG |
| BIG (bloc incomplet gauche) | tronc gauche, incomplet (juste ralenti) | 110–119 ms | morphologie de BBG mais QRS pas encore large |
| BBG complet | tronc gauche, les 2 fascicules d'un coup | large ≥ 120 ms | VG activé en trans-septal depuis la droite |
• 🔑 Arythmie complète — en mesurant, les RR sont irréguliers (sans rapport entre eux), même si l'œil voit du régulier → toute arythmie complète = FA. C'est l'argument décisif.
• Morphologie de BBG complet typique : QRS ≥ 130 ms, R crochetée (RR'), temps d'inscription de R prolongé (> 60 ms) dans les dérivations latérales = signature d'un vrai BBG.
• Début rapide en V1–V2 (descente nette de S) = conduction par le système → aberration, pas une ESV/TV (qui aurait un début lent).
→ FA + BBG (aberration), pas une TV.
| FA + BBG (aberration) | FA préexcitée (WPW) | |
|---|---|---|
| Morphologie QRS | constante — toujours le même BBG typique (1 voie fixe : nœud→His→branche) | change à chaque battement (« accordéon ») — 2 voies nœud + Kent, aspect bizarre, pas un vrai BBG |
| Fréquence | modérée, freinée par le nœud (rarement > 200) | très rapide 250–300, RR le plus court < 250 ms |
| Aspect | vrai bloc : rSR′ en V1 (BBD) / R large monophasique en V6 (BBG) | ondes delta, QRS dysmorphiques, parfois fins + larges (fusions) |
| ECG sinusal (si dispo) | le BBG s'y voit aussi | onde delta (WPW) |
RIVA — Rythme Idio-Ventriculaire Accéléré Bénin Transitoire
| Ce n'est pas… | Pourquoi |
|---|---|
| un échappement jonctionnel | le jonctionnel donne des QRS fins (emprunte le His-Purkinje). Ici QRS large (188 ms, oreille du lapin en V1) → le foyer naît dans le ventricule = idio-ventriculaire. |
| un vrai rythme d'échappement (passif) | un échappement ventriculaire passif bat ~30–40/min. Ici 60–100/min : le foyer est trop rapide, il « prend la main » activement → accéléré, pas un simple filet de sécurité. |
| une TV | trop lent : une TV est > 100–120/min. Le RIVA reste 60–100 → le plus souvent bénin et transitoire. |
| un BBG/BBD conduit | dissociation AV : les P sinusales défilent indépendamment (flèches). Le rythme naît sous le nœud, il n'est pas conduit depuis l'oreillette. |
| C'est… | En clair |
|---|---|
| Origine | foyer ventriculaire à automatisme accru → QRS large. |
| Fréquence | 60–100/min (« accéléré » : plus vite qu'un échappement passif, moins qu'une TV). |
| Rapport aux oreillettes | dissociation AV (P indépendantes) ; possibles captures/fusions et P rétrograde. |
→ Aussi listé dans le DD du BBD.
🧭 Axe du cœur
Méthode des 2 dérivations
Lecture en DI et aVF — méthode des 2 dérivations. Utiliser DII pour affiner la limite à −30°.
Pièges & déviation axiale
🔗 Conduction AV & BAV
Les types de BAV
PR normal : 120–200 ms (3–5 petits carreaux).
| Bloc | PR | QRS bloqués | Caractéristique |
|---|---|---|---|
| BAV I Bénin | PR > 200 ms — constant | Aucun | Tous les P conduisent. Simple ralentissement nodal. |
| BAV II Möbitz I Wenckebach | PR s'allonge progressivement | 1 P bloquée puis reset | Bloc nodal (His proximal). Relativement bénin. PR croissant → onde P bloquée → cycle recommence. |
| BAV II Möbitz II ⚠️ Haut risque | PR constant (pas forcément long) | Ondes P bloquées « à l'emporte-pièce » | Bloc infrahissien (faisceau de His ou branches). Risque élevé de passage en BAV III. Pacemaker souvent nécessaire. |
| BAV II 2:1 | Unique PR visible | 1 P sur 2 bloquée | Impossible à typer I vs II : le typage exige 2 PR conduits consécutifs (croissant → I, fixe → II) ; en 2:1 jamais 2 QRS de suite → comparaison impossible. |
| BAV III Complet | Dissociation complète | Tous | QRS totalement indépendants des ondes P. Rythme d'échappement jonctionnel (QRS fins) ou ventriculaire (QRS larges). |
Rythmes d'échappement
Un rythme d'échappement est un pacemaker de secours passif : un foyer sous-jacent « s'échappe » seulement quand l'étage au-dessus défaille ou ralentit trop. Plus on descend, plus c'est lent et fragile — mais ça protège de l'asystolie. Ne jamais le supprimer (ni anti-arythmique, ni surstimulation).
| Foyer de secours | Fréquence | QRS | Se démasque quand… |
|---|---|---|---|
| Nœud sinusal (référence) | 60–100/min | fin | — (rythme normal) |
| Jonctionnel (nœud AV / His) | 40–60/min | fin (via His-Purkinje) | le sinus s'arrête ou ralentit trop |
| Ventriculaire | 20–40/min | large (origine ventricule) | sinus et jonction défaillent |
⚡ Si un foyer ventriculaire bat plus vite que sa fréquence d'échappement (60–100/min), ce n'est plus un échappement mais un RIVA.
👉 Comparaison complète (nodal vs infra-hisien, et pourquoi l'antérieur est plus grave) → tableau antérieur / inférieur.
Pièges & étiologies
| Catégorie | Causes |
|---|---|
| Physiologique | hypertonie vagale (sportif, vagotonie) |
| Rythme / conduction | maladie du sinus ou de l'oreillette |
| Cardiopathie (aiguë ou chronique) | ischémie · infiltration (sarcoïdose, amylose) · inflammation (myocardite, Lyme) |
| Médicaments | bêtabloquants · inhibiteurs calciques bradycardisants · digoxine · amiodarone · stabilisants de membrane (antiarythmiques Ic) |
| Métaboliques | hyperkaliémie · hypothermie |
⚙️ Blocs de Branches
Anatomie des branches
BBG — Bloc de Branche Gauche Toujours pathologique
- QRS large > 120 ms
- QRS négatif en V1–V2 (aspect QS ou rS)
- R large et crocheté en V5–V6 (aspect en M)
- Absence d'onde Q septale en V5–V6
2. VD (modeste) — Dépolarisation via branche droite intacte, contribution faible.
3. VG (tardif, dominant) — Dépolarisation retardée et très lente par voie transseptale : grand vecteur vers la gauche → QS en V1 (entièrement négatif), R' large et crochetée en V6 (oreilles de lapin en V6 = RR').
→ Aspect final : QS en V1 / RR' en V6
• Cardiopathie hypertensive (HTA → HVG → fibrose) — la plus fréquente
• Cardiopathie ischémique chronique — coronaropathie, séquelle d'IDM
• Cardiomyopathie dilatée — le BBG fait partie du tableau (dyssynchronie → resynchronisation / CRT)
• Valvulopathie aortique — RAC calcifié gagnant le septum
• Fibrose dégénérative du tissu de conduction — maladie de Lenègre (idiopathique) / Lev (calcification), sujet âgé
• Iatrogène — post-TAVI ++, chirurgie valvulaire, alcoolisation septale
• Plus rare — sarcoïdose cardiaque, myocardite ; forme fréquence-dépendante (réversible)
⚠️ BBG récent + douleur thoracique = équivalent STEMI (occlusion IVA proximale ou tronc commun — la seule cause aiguë, il faut un IDM massif) → critères de Sgarbossa.
BBG et HVG partagent tout : QRS larges, R ample en V5–V6, ST↓ et T négatives latérales. Un seul détail les sépare — la petite onde q septale en V5–V6.
BBG complet
Septum activé D→G (voie transseptale) : le vecteur initial part vers V5–V6 → la q disparaît. R large et crochetée (RR′).
HVG (bloc focal)
La branche gauche n'est pas totalement bloquée : le septum se dépolarise encore G→D → la q septale est respectée.
(une dépolarisation septale normale est incompatible avec un BBG)
En pratique : devant un QRS large + grande R en V5–V6, cherche la q septale. Présente → HVG (bloc focal) · absente → BBG complet. L'exemple ci-contre : q conservée, QRS 130 ms, voltages élevés → HVG.
| Où | Pourquoi le signe est inutilisable |
|---|---|
| Antérieur (V1–V4) | l'aspect QS est déjà présent par définition du BBG → une nécrose antérieure ne crée pas de Q détectables en plus. |
| Latéral (V5–V6) | les petites q septales ont déjà disparu (inversion de l'activation septale) → leur absence ne signe plus une nécrose. |
| Repolarisation | la discordance ST-T propre au BBG (T opposées au QRS) masque les modifications ST-T ischémiques. |
Diagnostics différentiels du BBG
Tout QRS large négatif en V1 (aspect QS/rS) peut mimer un BBG. Ce qui tranche :
| À distinguer d'un BBG | Ce qui tranche |
|---|---|
| HVG (bloc focal) | q septale présente en V5–V6 → ce n'est pas un BBG complet (voir le réflexe « q » ci-dessus). |
| Rythme électro-entraîné (pacemaker VD) | spicule de stimulation avant chaque QRS ; morphologie type BBG car le VD est stimulé. |
| ESV / TV / RIVA (retard gauche, origine VD) | dissociation AV, début du QRS empâté/lent, pas de contexte de BBG connu → retard gauche. |
| WPW (voie latérale gauche) | PR court + onde delta (empâtement initial), pas de vrai retard de conduction. |
| Hyperkaliémie | QRS élargi diffus + T amples et pointues, ondes P aplaties. |
BBD — Bloc de Branche Droit Souvent bénin
- QRS large > 120 ms
- rSR' en V1–V2 (aspect « oreilles de lapin »)
- Onde S traînante > 40 ms en DI et V6
2. VG (dominant) — Dépolarisation normale via branche gauche intacte : grand vecteur vers la gauche → S en V1, R en V6.
3. VD (retardé) — Branche droite bloquée, dépolarisation tardive et lente par voie transseptale : vecteur terminal vers la droite → R' en V1 (oreilles de lapin en V1 = rSR'), S terminale en V6.
→ Aspect final : rSR' en V1 / S terminale en V6
Blocs bifasciculaires Risque BAV complet
| Association | Axe | Indice |
|---|---|---|
| BBD + HBAG | Gauche (> −30°) | R en aVL > R en DI, DII < 0 |
| BBD + HBPG | Droit (> +90°) | Diagnostic d'exclusion — rare |
Diagnostics différentiels du BBD
| Diagnostic | Critère clé vs BBD |
|---|---|
| HVD | Axe droit > +90° · RV1 ≥ 7 mm ou RV1+SV6 > 10,5 mm |
| Préexcitation (WPW type A) | PR court < 120 ms · onde delta (montée empâtée) |
| Brugada type 1 Killer | ST en dôme ("coved") + T négative en V1–V2 — pas un R' terminal |
| BAV complet (échappement VG) | P dissociées · morphologie BBD = foyer VG (VD activate en retard) |
| ESV | R > R' en V1 · R < S en V6 · pas de P sinusale avant |
| RIVA | Dissociation AV · complexes de fusion · 60–100/min · signe de reperfusion IDM |
| HBAG + BBD fréq-dépendant | QRS étroit si RR long · large si RR court (branche D réfractaire) · axe gauche permanent |
→ Les 3 types détaillés § ECG Killers.
Bloc droit incomplet Peut être normal
HBAG — Hémibloc antérieur gauche Fréquent
- QRS < 120 ms
- Axe gauche au-delà de −30°
- qR en DI et aVL ; rS en DII, DIII, aVF
- Pas de modification des amplitudes précordiales
HBPG — Hémibloc postérieur gauche Rare — diagnostic d'exclusion Marqueur de cardiopathie
Aucun signe n'est pathognomonique — le diagnostic = le pattern + l'exclusion.
- QRS < 120 ms — c'est un hémibloc, pas un vrai bloc de branche (sauf BBD associé)
- Déviation axiale droite — souvent ≥ +100 à +110°
- rS en DI et aVL (S dominante) + qR en DII, DIII, aVF, avec R en DIII > R en DII
- Aucune autre explication à la déviation axiale droite (cf. tableau ci-dessous)
| Cause | Ce qui l'oriente (≠ HBPG) |
|---|---|
| HVD — la n°1 à éliminer | R dominante en V1 (R/S > 1), S profondes en V5–V6, signes d'HTP / cœur pulmonaire, HAD (P pulmonaire) |
| Cœur vertical — sujet longiligne, jeune, enfant | aucune cardiopathie, morphotype maigre ; variante normale |
| EP / cœur pulmonaire aigu | S1Q3T3, tachycardie, T négatives V1–V3, contexte de dyspnée aiguë |
| IDM latéral | ondes Q en DI / aVL (perte des forces latérales), séquelle connue |
| WPW / préexcitation | onde delta, PR court |
| BPCO / cœur pulmonaire chronique | microvoltage, P pulmonaire, axe droit d'installation progressive |
| Dextrocardie / inversion des électrodes de bras | P négative en DI, progression anormale des R en précordiales |
Synthèse — morphologies des complexes QRS-ST-T
📏 Hypertrophies
HVG — Hypertrophie ventriculaire gauche HTA · RAo
- Troubles de repolarisation en V5–V6 : sous-décalage ST asymétrique, ondes T négatives
- Peu sensible chez le patient obèse ou en cas d'épanchement péricardique (microvoltage)
- Attention : faux positifs — certaines populations, BBG, antécédent de SCA antérieur
| Onde T | Type d'HVG | Mécanisme |
|---|---|---|
| T négative | HVG systolique épaississement de la paroi — HTA, rétrécissement aortique | la paroi épaissie crée une ischémie sous-endocardique relative → la repolarisation s'inverse. |
| T positive | HVG diastolique dilatation de cavité sans épaississement — insuffisance aortique | la paroi ne s'épaissit pas → la repolarisation reste normale (T positive). |
HVD — Hypertrophie ventriculaire droite EP · BPCO
- Axe droit
- R > S en V1 (QRS positif en V1 — normalement négatif)
- S profonde persistante en V5–V6 (S > R)
- HAD fréquemment associée
- Troubles de repolarisation en précordiales droites (V1–V3)
Chercher aussi : tachycardie sinusale · bloc droit incomplet · T négatives V1–V3.
HVD vraie = chronique (HTAP, BPCO, cardiopathie congénitale).
Hypertrophies atriales — HAD vs HAG
Une oreillette surchargée déforme l'onde P. Le côté se lit sur ce qui change — amplitude (droite) ou durée (gauche) :
| HAD — oreillette droite | HAG — oreillette gauche | |
|---|---|---|
| Ce qui change | ↑ AMPLITUDE de P (durée normale) | ↑ DURÉE de P (> 120 ms) |
| DII | P pointue et ample > 2,5 mm (« P pulmonaire ») | P bifide, double bosse (« P mitrale ») |
| V1 | composante positive dominante | composante négative large (> 40 ms, > 1 mm) |
| Contexte | cœur pulmonaire · HTAP · EP/BPCO | valvulopathie gauche (RM) · HTA |
HAD — Hypertrophie atriale droite Cœur pulmonaire
- Onde P > 2,5 mm en DII (P pulmonaire — aspect pointu et ample)
- > 1,5 mm en V1–V2
- Durée normale (< 120 ms)
- Composante positive dominante en V1
- Repolarisation atriale (onde Ta) souvent visible : downsloping du PR en inférieur — plus la P est ample, plus la Ta est grande
HAG — Hypertrophie atriale gauche Valvulopathie G
- Onde P > 120 ms en DII (P mitrale — aspect en double bosse)
- Composante négative > 40 ms en V1
〰️ Repolarisation & QTc
Repolarisation normale
- Segment ST isoélectrique
- Ondes T positives et concordantes au QRS
- Pas de sus- ou sous-décalage ST
- Pas d'onde T négative ischémique
- Pas de S1Q3T3
La ligne pointillée relie le point J au pied de l'onde T — si le ST passe en dessous = bol = hamac = bénin · si le ST passe au-dessus = dôme = STEMI jusqu'à preuve du contraire
Variantes normales de la repolarisation Normal
Ces 4 patterns sont normaux — ne pas les confondre avec une ischémie, ne pas contre-indiquer le sport.
- Juvénile — T négatives en V1–V3 normales jusqu'à ~30 ans, surtout chez la femme. Ne pas confondre avec ischémie antérieure
- Précoce (Early repolarization) — encoche/crochet en fin de QRS, ST légèrement surélevé en latérales ou inférieures. Fréquente chez le sportif jeune. Bénigne dans la grande majorité des cas
- Masculine — T amples et positives en précordiales (T++). Normale chez l'homme jeune actif
- Afrique — ST+ et T− en précordiales latérales. Normale chez les sujets d'origine africaine, peut mimer un BBG ou une HVG avec surcharge
QTc — valeurs normales Risque TdP
| Sexe | Normal | Allongé (risque TdP) |
|---|---|---|
| Homme | < 450 ms | > 500 ms = danger |
| Femme | < 460 ms | > 500 ms = danger |
🩸 Ischémie / SCA
🎯 Comment diagnostiquer un IDM sur un BBG ? — critères de Sgarbossa
| Critère | Signe | Seuil |
|---|---|---|
| 1 | Sus-décalage ST concordant (même sens que le QRS dominant) | ≥ 1 mm |
| 2 | Sous-décalage ST concordant en V1–V3 | ≥ 1 mm |
| 3 | Sus-décalage ST excessivement discordant (QRS négatif) | ≥ 5 mm — ou Smith modifié : |ST|/|S| ≥ 0,25 (plus spécifique) |
Progression des ondes R en précordiales
Progression normale — l'onde R grandit régulièrement de V1 à V5–V6 ; la zone de transition (R = S) est en V3–V4 :
- V1 : aspect rS (petite R, grande S)
- V3–V4 : zone de transition (R ≈ S)
- V5–V6 : onde R dominante, aspect qR
- Onde S régresse de V1 → V6
Diagnostic différentiel — Péricardite aiguë ST diffus · concave
2. PR/PQ sous-décalé — pathognomonique de la péricardite, absent dans le STEMI
3. ST concave — en bol (vs convexe en dôme dans le STEMI)
4. Pas d'image miroir franche — le ST↑ étant diffus, les miroirs s'annulent entre eux : aucune dérivation ne montre de ST↓ réciproque net (contrairement au STEMI où le miroir est toujours présent dans le territoire opposé)
5. QRS respectés — pas d'onde Q, pas de perte de R
Équivalents ST+ Indispensable SMUR
Khan AR. Eur Heart J. 2017 — NSTEMI avec occlusion totale sur angiographie : risque de mortalité et MACE majoré.
Infarctus par occlusion coronaire aiguë, sans le sus-décalage de ST qui définit un infarctus ST+.
- 1. Ondes T hyperaiguës — T très amples, larges, symétriques, avant l'apparition du ST↑ : stade ultra-précoce, fenêtre étroite
- 2. ST+ subtil — J+ < 1 mm ou < 1,5–2,5 mm en V2–V3
- 3. ST− isolé V1–V3(V4) + ST+ V8–V9 — miroir d'un infarctus postérieur (retourner l'ECG de 180°)
- 4. ST↓ ≥ 6 dérivations + ST↑ VR > 0,5 mm — tronc commun gauche ou IVA très proximale
- 5. De Winter — ST↓ ascendant en V1–V6 + T pointues symétriques : occlusion IVA proximale
- 6. Perte de la discordance appropriée — si QRS larges (BBG, PM) ou HVG : concordance QRS/ST ou ratio |ST|/|S| ≥ 0,25 (Sgarbossa–Smith) — critères détaillés § BBG
🗺️ Territoires coronaires
• ST↑ DIII → chercher ST↓ en aVL (miroir latéral haut)
• ST↑ DII/DIII/aVF (inférieur) → ST↓ réciproque souvent visible en DI et aVL
• ST↑ V1–V4 (antérieur) → chercher image miroir en V7–V9 (dérivations postérieures)
• ST↓ isolé V1–V3 sans ST↑ → penser IDM postérieur pur : poser V7–V9 pour confirmer — inutile si V1–V3 normaux (le ST↓ antérieur est déjà le miroir du ST↑ postérieur)
| Antérieure — V1–V4 | Inférieure — DII · DIII · aVF | |
|---|---|---|
| Artère | IVA (souvent proximale) | Coronaire droite (RCA) |
| Territoire | Paroi antérieure + septum + apex + grande masse du VG | Plus limité |
| Conduction / BAV | BBD + hémibloc (bifasciculaire) → BAV infra-hisien : échappement large, lent, instable ; atropine inutile → pacing | BAV nodal : échappement jonctionnel fin, stable, souvent bien toléré (transitoire) — si mal toléré, répond à l'atropine |
| Fonction VG | Dysfonction sévère → choc cardiogénique | Généralement mieux tolérée |
| À rechercher | Miroir postérieur V7–V9 | Extension VD V3R–V4R (V4R > 1 mm) |
| Pronostic | Plus grave | Meilleur (si isolée) |
⚠️ On ne traite que si mal toléré (hypotension, malaise) : un échappement fin, stable et asymptomatique = simple surveillance.
Dans l'IDM antérieur, le bloc siège sous le His, dans un tissu nécrosé et non innervé par le vague → aucun frein à lever, l'atropine est inutile (elle peut même aggraver le ratio de bloc) → pacing d'emblée.
💀 ECG Killers Mort subite
Les 5 patterns mortels
Pathologies à ne jamais rater à l'ECG — chacune peut provoquer une mort subite par fibrillation ventriculaire. Reconnaître le pattern = sauver une vie.
Chaque pattern = une maladie qui peut donner une fibrillation ventriculaire. Explication + tracé caractéristique (cliquer pour agrandir).
Une voie électrique accessoire (faisceau de Kent) court-circuite le nœud AV. Danger : en cas de FA, l'influx file par cette voie, sans le frein du nœud → fréquence ventriculaire énorme → FV.
ECG : onde delta (montée lente au début du QRS) + PR court.

Canalopathie génétique (canal sodium), sur cœur structurellement normal. Danger : FV spontanée, souvent nocturne — à évoquer devant syncope ou mort subite familiale.
ECG (V1–V3) : type 1 (diagnostique) = ST en dôme ≥ 2 mm + T négative · type 2 = ST en selle de cheval ≥ 2 mm · type 3 < 1 mm (non diagnostique).

Repolarisation trop longue (QTc > 450 ms ♂ / 460 ms ♀). Danger : torsade de pointes → FV.
Causes : médicaments (voir QTc), hypokaliémie / hypomagnésémie, forme congénitale.

Maladie génétique : muscle (surtout le septum) anormalement épais et désorganisé. 1ʳᵉ cause de mort subite du sportif jeune (arythmie à l'effort).
ECG : voltages d'HVG + ondes Q « en dague » (fines et profondes) en latéral — à distinguer d'une HVG banale : le Q fin est le drapeau.

Le muscle du ventricule droit est remplacé par du tissu fibro-graisseux → foyer de tachycardie ventriculaire → mort subite à l'effort.
ECG (V1–V3) : onde epsilon (petit crochet juste après le QRS) + T négatives + QRS élargi.

Exemples de tracés
🗂️ Ma collection d'ECG
ECG personnels annotés — ajoutés au fur et à mesure des gardes. Scannés avec PM Cardio.